Publié le 17 mars 2025

Les taux des crédits immobiliers continuent de se resserrer sur toutes les durées, offrant ainsi des conditions de financement encore favorables. Cependant, dans un contexte international incertain, difficile de prédire l'évolution future du marché. Bruno Rouleau, Délégué Général de la Fédération du Courtage en Crédit, décrypte la conjoncture actuelle.
Si l’on exclut l’offre très offensive de la SG, qui rencontre parfois des difficultés à traiter l'afflux de demandes, les différences entre les taux proposés par les banques se sont encore réduites par rapport au mois précédent. D’après notre analyse, qui repose sur les propositions réellement faites pour des dossiers dits « moyens », on observe une légère baisse de 0,05 % sur la fourchette haute des taux pratiqués.
Malgré un marché encore sous tension, plusieurs signaux laissent entrevoir une dynamique encourageante. Toutefois, ces éléments doivent être nuancés.
Une reprise de la production de crédits : en janvier, le volume de nouveaux crédits a atteint 11,6 milliards d’euros, un niveau inégalé depuis plusieurs mois. Cependant, les comparaisons avec l’année précédente doivent être relativisées, compte tenu des chiffres historiquement bas de 2024.
Une probable baisse des taux directeurs de la BCE : une réduction à 2,50 % est attendue dans les prochains jours, ce qui pourrait inciter les banques à assouplir leurs conditions de prêt. Toutefois, selon de nombreux économistes, il s’agirait sans doute de la dernière baisse avant une longue stabilisation, en raison des tensions géopolitiques et de l’augmentation des budgets militaires en Europe, qui maintiendront les dettes publiques à des niveaux élevés.
Une stratégie commerciale agressive des banques : dans un contexte de captation de clientèle, les établissements bancaires multiplient les offres attractives. Cette dynamique est renforcée par la baisse de l’OAT 10 ans, revenue à 3,15 %, malgré des perspectives de notation révisées à la baisse par Standard & Poor’s.
Une Loi de Finances stabilisée, mais avec des effets contrastés : si l’effort de réduction du déficit budgétaire a entraîné des mesures mitigées, la loi apporte une certaine visibilité pour l’année. Le retour du PTZ dès le 1er avril est une bonne nouvelle, mais il provoque un gel temporaire des projets immobiliers jusqu'à son entrée en vigueur, ce qui risque d'entraîner un creux en mars et une affluence massive en avril.
Au-delà des facteurs économiques et financiers, l’incertitude géopolitique reste une variable difficile à anticiper. Impossible de prédire avec certitude les évolutions à venir. Alors, mieux vaut profiter des conditions actuelles, tant qu’elles restent favorables.
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